Vorheriges Nächstes
  • Les graines peuvent être battues, dès qu’elles commencent à claquer dans les gousses.
    Les graines peuvent être battues, dès qu’elles commencent à claquer dans les gousses. 1/6
  • Les jeunes gousses de soja encore vertes et tendres.
    Les jeunes gousses de soja encore vertes et tendres. 2/6
  • Semer avec vue sur le Kaiserstuhl près de Fribourg.
    Semer avec vue sur le Kaiserstuhl près de Fribourg. 3/6
  • En fin d'été, les plantes de soja perdent leurs feuilles.
    En fin d'été, les plantes de soja perdent leurs feuilles. 4/6
  • Notre agriculteur Wolf Ziebold dans les alentours de Freiburg.
    Notre agriculteur Wolf Ziebold dans les alentours de Freiburg. 5/6
  • Le moulin Dachswanger, notre partenaire régional pour la conception, la purification, le stockage et l’arrivée des graines de soja.
    Le moulin Dachswanger, notre partenaire régional pour la conception, la purification, le stockage et l’arrivée des graines de soja. 6/6
Parlons soja

Du soja cultivé en Europe

Comment nous avons implanté la culture de soja dans nos régions

  • 19 avril 2021
  • LC

Une réussite malgré toutes les prévisions pessimistes ! La culture de soja n'est pas seulement un succès en Asie ou en Amérique, mais également chez nous ; et nous le devons à une crise.

Chez Taifun, les priorités sont claires : pour notre tofu, nous utilisons uniquement du soja issu de l'agriculture biologique et sans génie génétique. Mais où nous procurons-nous cette matière première ?

La réponse à cette question était très simple dans les années 1980, mais elle est devenue un défi à partir de 1996, date qui marque le début de l'ère du « génie génétique vert » et qui fait apparaître les premières cultures de graines de soja génétiquement modifiées aux États-Unis. Étant donné que nous avions acheté jusque-là des graines de soja bio en provenance des États-Unis, nous étions directement concernés par cette évolution : que faire si nos graines de soja écologiques devaient se mélanger à des graines génétiquement modifiées ?

Le risque existait bel et bien. Ni les agriculteurs ni nous-mêmes n'aurions pu exclure totalement la présence de traces d'OGM dans nos produits. Depuis, une question nous préoccupe : comment pouvons-nous garantir que notre tofu reste ce qu'il est censé être ? Un aliment qui, loin de se limiter à son image écolo, contribue réellement au bien-être de l'homme et de l'environnement.

Pour nous, cela implique d'être indépendants des géants agroalimentaires et de faire confiance à la nature plutôt qu'au génie génétique.

Le premier soja régional

La situation géographique du siège de notre entreprise à Fribourg, dans le sud de l'Allemagne, était une grande chance, car les graines de soja aiment la chaleur et ont besoin de beaucoup de soleil. Nous étions donc presque certains que leur culture serait un succès dans la région du Rhin supérieur – à condition de trouver quelqu'un qui était prêt à les semer.

Dès 1997, nous avons donc encouragé les cultivateurs bio locaux à se lancer dans une nouvelle aventure. La plupart d'entre eux se sont montrés sceptiques, mais huit agriculteurs ont tenté l'expérience et ont récolté les premières graines de soja du Bade méridional sur un total de 40 hectares. Il faut bien avouer que les résultats étaient mitigés la première année : des graines à faible teneur en protéines et beaucoup de mauvaises herbes dans les champs. Cela dit, la qualité du tofu obtenu à partir de ces graines était convenable, ce qui nous a amenés à poursuivre le projet avec persévérance.

Notre investissement porte ses fruits

Aujourd'hui, 100 % des graines de soja Taifun poussent au cœur de l'Europe : la majorité de nos graines est d'origine allemande et autrichienne, mais une grande partie est aussi cultivée en France.

Les surfaces cultivées étaient de 40 hectares les premières années et ont atteint 3 000 hectares aujourd'hui. C'est une bonne nouvelle tant pour nous que pour le sol. La plante de soja présente en effet plusieurs atouts pour la rotation des cultures pratiquée par nos agriculteurs sous contrat : elle est dotée de racines profondes permettant d'aérer la terre et, grâce à des nodosités sur les racines, elle est capable de fixer l'azote atmosphérique. Elle s'autofertilise et enrichit le sol de cet élément précieux – au profit des cultures qui seront semées, l'année suivante, dans le même sol.

Aujourd'hui, la qualité de nos graines de soja est bien plus que « convenable », elle est excellente. Toutefois, la culture de soja bio en Europe reste une exception à la règle. À l'échelle mondiale, 76 % des graines de soja cultivées actuellement sont génétiquement modifiées – et la tendance est à la hausse. La plupart de ces graines proviennent de monocultures des États-Unis, du Brésil et d'Argentine. Elles sont importées en Europe en immenses quantités où elles servent essentiellement de fourrage.

Une véritable agriculture à la place de la monoculture

L'expérience que nous avons acquise au cours des 20 dernières années a démontré que la culture de soja est possible autrement. À nos yeux, la plante de soja fait partie intégrante de la diversité agricole régionale et d'une culture agraire respectueuse de la nature et de l'homme digne de ce nom.

À ce jour, les pays européens ne produisent que 7,5 % des graines de soja qu'ils consomment. Il est donc grand temps de changer la donne. Et notre ambition est d'apporter notre pierre à l'édifice.

Les semences sont un facteur clé pour la qualité des graines de soja – en savoir plus sur notre propre multiplication des semences. La qualité dépend aussi de la variété : c'est la raison pour laquelle nous cultivons des variétés de soja qui réunissent toutes les conditions pour la fabrication du tofu et qui sont également adaptées à la culture en Europe centrale.